Comment apprend-on à améliorer la performance d’un bâtiment en conditions réelles ?
À l’EIGSI La Rochelle, les étudiants de l’option Énergies & Environnement, parcours Bâtiments durables et intelligents, réalisent l’audit énergétique et environnemental de leur propre école, dans les conditions réelles d’un bureau d’études. Un projet à part, puisqu’il porte sur le lieu même où ils étudient chaque jour.

Se confronter aux réalités du terrain
Encadré par une dizaine d’experts, le projet plonge les étudiants dans le fonctionnement réel d’un bâtiment en activité. Ils analysent les installations énergétiques, les performances du site, la façon dont les espaces sont utilisés et les impacts environnementaux.
À l’aide d’outils professionnels (caméras thermiques, capteurs, logiciels spécialisés), ils confrontent leurs mesures à la réalité du bâtiment et aux règles en vigueur, en étudiant aussi la qualité de l’air intérieur et l’empreinte carbone, avant la formulation de préconisations concrètes, en accord avec la réglementation.
« L’objectif est de confronter les étudiants à un cas réel, avec des contraintes, des choix à faire et des solutions à défendre », explique Luminita Ion, coordinatrice de l’option. « Ils doivent raisonner comme des ingénieurs. »
Leur école comme terrain d’étude
Construit dans les années 1990 et vaste de plus de 13 000 m², le campus devient un support d’analyse à l’échelle réelle. Les étudiants doivent composer avec un bâtiment déjà en fonctionnement, ses contraintes techniques et ses usages quotidiens, un lieu qu’ils connaissent bien puisqu’ils y suivent leurs cours. Cette proximité rend l’exercice plus concret et donne une dimension particulière au projet.
Ils mettent en regard observations de terrain et données mesurées pour mieux comprendre le fonctionnement global du site et faire émerger des pistes d’amélioration.
« On est sortis du cadre scolaire. On a dû faire des choix en équipe et s’organiser avec les exigences d’un projet concret », souligne Paul, étudiant en 5e année.

Passer de l’étude à l’action
Le travail ne s’arrête pas au diagnostic. Les étudiants doivent formuler des solutions réalistes et chiffrées, tenant compte de contraintes techniques, d’usages et de l’impact environnemental du bâtiment.
Ce projet les place dans une posture proche de celle qu’ils retrouveront en entreprise, où il faut analyser une situation, faire des choix et les assumer.
« Travailler sur un projet concret change complètement la façon d’apprendre. On développe des compétences techniques, mais aussi la capacité à prendre du recul et à décider », observe Melle, étudiante en 5e année.
À l’EIGSI, ce type de projet incarne une formation d’ingénieur ancrée dans le réel, où les étudiants apprennent en agissant, sur des sujets qui font sens.